Sur ce billet retrouvé, un peu par hasard, en triant de vieux papiers dans lesquels il s’y trouvait probablement depuis quelques années, il y avait cette supplique, une prière, qui avait quelque chose de profondément touchant et attendrissant en même temps. Égaré au milieu de mes dossiers, comme une bouteille à la mer, je n’avais pas fait attention, au début, si ce n’était la suite du message : " Toute mon amitié" était-il écrit avec beaucoup d’humiliation mais de manière plus insistante.

Belles endormies , Marion Dubois
Belles endormies , Marion Dubois

Un message dont le sens révélait une grande affection à celui qu’elle aimait secrètement, c’était comme un appel de l’au-delà, un cri à celui qu’elle l’attendait …
Ce mot dont je n’ai aucun souvenir, réapparaît maintenant, après tant d’années et la question demeure aussi brûlante. Comment ne pas ressentir cette bouffée de nostalgie en lisant ces simples mots dont on imagine le sentiment d’espoir, d’angoisse et même d’incertitude qu'’il porte…
Qu'est-elle devenue cette amante d’un temps qui ne reviendra plus ?
Nous ne nous sommes jamais retrouvés, m’a-t-elle définitivement oubliée ?
En ce temps-là, j’effectuais mon service militaire lorsque la guerre du Sahara occidental éclata. Et tous ces événements paraissaient lointains et hors de ma vie.
C’était en 1975. Le gouvernement décida de faire la guerre, le temps du pacifisme était révolu.
Il n’y a jamais eu de rendez-vous. Nous nous sommes faits des serments d’amour, des promesses en s’écrivant durant quelques années.
Ce que je sais, aujourd’hui, c’est qu'elle m’avait cherchée un jour mais vainement.
Elle n’avait pas obtenu de réponse. S’est-elle consolée de mon silence ?